Lab 01 · Observer, écouter, archiver
Recherche
Les mémoires des corps de la Martinique, de la Caraïbe et du monde.
Le Lab Recherche de Séquences Éphémères naît d’une urgence : préserver ce que le geste vivant a d’éphémère, et le transmettre autrement.
Nous combinons des outils de pointe à une approche sensible, pour construire une archive numérique vivante qui capte les pratiques musico-chorégraphiques, les gestes, les rythmes, les émotions, les interactions invisibles entre les corps et les sons — de la Martinique, de la Caraïbe et du monde.
Notre démarche ouvre des ponts entre arts et sciences, entre recherche et pratique. Elle s’inscrit dans un esprit de coopération régionale et d’ouverture internationale, pour penser les patrimoines de demain avec celles et ceux qui les vivent aujourd’hui.
Cinq axes de travail
Ce que nous menons

01
Une archive vivante du mouvement
Nous constituons une archive numérique des pratiques musico-chorégraphiques de la Martinique et de la Caraïbe, grâce aux outils de motion capture et de captation biométrique. Ce patrimoine immatériel est documenté avec précision, dans une perspective de transmission, de conservation et de création. L’archive est pensée comme un organisme vivant : elle évolue, s’actualise, se partage.

02
Comprendre l’invisible : capteurs et ressentis
En complément de la motion capture, nous intégrons des capteurs biométriques — activité électrodermale, rythme cardiaque, respiration — pour analyser les interactions sensibles entre performeurs et publics. Cette approche nous permet de mieux comprendre les émotions, les circulations de l’attention et les formes de présence à l’œuvre dans les pratiques traditionnelles et contemporaines.

03
Partage des données et traitement scientifique
Les données collectées sont pensées pour être utiles à la communauté scientifique et artistique. Elles peuvent être consultées, analysées et annotées par des chercheurs, chorégraphes, anthropologues ou experts en cinétographie. Nous développons également en interne des outils et des méthodologies de traitement adaptés aux spécificités des pratiques étudiées.

04
Coopération scientifique caribéenne
Le programme de recherche s’ancre dans une dynamique régionale forte : échanges de données, résidences croisées, mise en réseau des institutions de la Caraïbe. Nous travaillons à construire un écosystème de recherche transdisciplinaire dans lequel les pratiques locales dialoguent, se renforcent et se pensent ensemble à l’échelle de la Caraïbe.

05
Dialogues et ouverture au monde
Nous encourageons les approches comparatives entre les pratiques chorégraphiques et musicales de la Martinique et celles d’autres régions du monde : Afrique de l’Ouest, Europe, Amériques. Cette ouverture internationale permet de repositionner les gestes caribéens dans une histoire globale des corps, des rythmes et des transmissions.
Questions fréquentes
Qui peut contribuer à l’archive ?
Les praticiens et praticiennes d’abord : danseurs, musiciens, tambouyés, maîtres de damyé, chorégraphes, porteurs de pratiques traditionnelles ou contemporaines. Ensuite les structures qui les accompagnent — écoles, compagnies, associations culturelles, institutions patrimoniales. Si vous détenez ou transmettez une pratique gestuelle, votre place est dans cette archive.
Que se passe-t-il exactement lors d’une session de captation ?
Nous équipons la personne d’une tenue de motion capture inertielle — des capteurs répartis sur le corps, sans marqueur optique ni caméra à installer autour. Après une courte phase de calibration, la pratique se déroule normalement. Selon le protocole, nous ajoutons des gants pour les mains, des capteurs biométriques et une ou plusieurs caméras de référence. Une session type dure une demi-journée, pauses comprises.
À qui appartiennent les données captées ?
Le geste appartient à celle ou celui qui le porte. Nous établissons donc pour chaque projet, avec les participants et en amont de la captation, ce qui peut être conservé, montré, diffusé ou réutilisé, et par qui. Rien n’est publié ni transmis à un tiers sans accord explicite. Nous n’avons pas de modèle unique : les conditions se discutent pratique par pratique.
Les chercheurs peuvent-ils accéder aux jeux de données ?
C’est l’objectif même du lab. Les données sont produites pour être analysées, annotées et confrontées — par des chercheurs en anthropologie, en sciences du mouvement, en musicologie ou en cinétographie, comme par des chorégraphes. Les modalités d’accès dépendent des accords passés avec les participants ; écrivez-nous en décrivant votre question de recherche et nous verrons ce qui est possible.
Quelles technologies utilisez-vous, et pourquoi celles-là ?
Nous travaillons en motion capture inertielle (tenues Xsens Link, gants Manus Quantum), complétée par des capteurs d’activité électrodermale, de rythme cardiaque et de respiration. L’inertiel a un avantage décisif pour nous : il n’exige pas de salle dédiée. Nous pouvons capter dans une cour, un temple, une salle de classe ou un plateau, là où la pratique existe réellement.
Faut-il être une institution pour proposer un projet de recherche ?
Non. Nous travaillons avec des laboratoires et des universités, mais aussi avec des chercheurs indépendants, des doctorants, des artistes-chercheurs et des associations culturelles. La qualité de la question compte davantage que l’étiquette de la structure.
Travaillez-vous seulement sur les pratiques traditionnelles ?
Non. Le patrimoine gestuel se fabrique aussi aujourd’hui. Les pratiques urbaines contemporaines, les créations chorégraphiques récentes et les gestes professionnels nous intéressent au même titre que les formes héritées. Ce qui nous guide, c’est le risque de disparition et la valeur de transmission.
Comment proposer une collaboration ?
Écrivez-nous à contact@sequencesephemeres.com en décrivant la pratique, les personnes concernées et ce que vous aimeriez voir advenir. Toute proposition reçoit une réponse, même si elle sort du cadre. Surtout si elle sort du cadre.
Entrons en contact
Vous avez un projet, une idée, une recherche ou une envie de collaboration ? Écrivons, expérimentons, partageons.